
Il aura fallu près de dix mois, du piquage du soubassement de l’escalier fin février, jusqu’à la finalisation de la pose de la nouvelle rambarde début décembre, pour terminer ce chantier initié par les fonds privés des propriétaires du cloître de la Madeleine. Un label de la Fondation du Patrimoine a été validé en juin 2025 pour la partie escalier.
Ces travaux offrent un coup de neuf au parvis de l’église. La paroisse s’est d’ailleurs adaptée et a fait œuvre de patience, surtout en fin de chantier, sur les mois d’octobre et novembre, où le parvis était inaccessible et l’intervention des professionnels repoussée de semaine en semaine du fait des intempéries ou pour des raisons techniques. Il convient aussi de remercier pour leur compréhension l’école Raymond et Lucie Aubrac, et l’ensemble du voisinage du quartier Madeleine-Pont vieux, qui ont pu être impactés.
Ce sont des artisans locaux qui ont mené ce travail de rénovation à bien, avec les conseils de l’UDAP 81 (Unité départementale de l’architecture et du patrimoine du Tarn). Les équipes de Guillaume Cuq, maçon à Réalmont, et Jacques Versigny, ferronnier à Saint-Juéry, ont réalisé un travail remarquable et qui fera date grâce aux prescriptions de Patrick Gironnet, architecte des Bâtiments de France, et Pierre Novella, ingénieur technique qui le seconde.
Tous les choix ont été réalisés au seul profit du patrimoine, ce qui a entrainé de larges surcoûts, en particulier pour l’immense mur de façade qui longe l’église. L’idée était de créer plus d’unité sur le parvis, en respectant les lignes de forces architecturales existantes et en soulignant l’histoire du bâtiment. Ainsi, les traces d’anciennes ouvertures (possiblement des communications entre l’ancienne chapelle des Capucins et le cloître) ont été conservées, voire renforcées, parfois par un jeu entre arches en briquettes et enduit. La rambarde de l’escalier, qui n’avait aucun intérêt patrimonial, a été remplacée par un modèle dessiné par les Bâtiments de France. Cette nouvelle pièce fait écho à la ferronnerie déjà installée de l’autre côté du parvis.
Enfin, le choix des couleurs était important : les joints ont été légèrement colorés en rose pour aller de concert avec ceux du pont vieux, récemment rénové. La teinte de l’enduit fut un compromis entre ces joints rosés et la façade préexistante. La peinture de la rambarde devait être d’un gris mat assez foncé pour faire ressortir les courbes sobres et élégantes de cette pièce d’artisanat d’art. Une ligne de briquettes pour la goutte d’eau au niveau du soubassement de l’escalier finissait par trahir l’ambition programmatique de ce chantier. Deux des propriétaires, galeristes d’art à la retraite, et le troisième, primitivement historien, ont cherché un équilibre entre conservation du passé et modernité de l’art. Et voilà bien ce qui se joue depuis le début des années 2000 au cloître de la Madeleine : un jeu de contrastes entre ancien et contemporain, désormais pour le plus grand plaisir du public, le bâtiment étant ouvert chaque année pour les Journées européennes du Patrimoine, et à l’occasion de concerts en été.
