Le cloître de la Madeleine, une histoire difficile à écrire

Construit à partir de 1630, le cloître de la Madeleine est le dernier vestige du couvent des Capucins d’Albi situé dans le faubourg du « bout du pont », actuel quartier de la Madeleine. Deux rencontres récentes ont permis de faire un inventaire des sources existantes qui permettraient d’écrire une histoire des Capucins d’Albi, ou de questionner le bâtiment actuel pour trouver des traces du passé.

Le premier rendez-vous du 4 décembre 2025 nous a menés aux archives diocésaines, où nous avons été reçus par Cédric Trouche-Marty, archiviste diocésain, historien et archéologue, et sa collègue Françoise Bardy. Notre entretien avec ce premier nous a révélé qu’il ne semblait pas exister d’archives à proprement parler des Capucins d’Albi. Des cotes dédiées existent pour les Capucins de Gaillac ou de Cordes dans les fonds locaux mais rien pour Albi. Ce qui ne signifie pas, pour autant, qu’il est impossible d’écrire leur histoire.

Il existe des moyens détournés de récupérer des éléments. Via les fonds imprimés, les inventaires des archives municipales ou départementales, il est possible de découvrir des occurrences. Cédric Trouche a pu effectuer quelques recherches et établir une liste non-exhaustive de ces sources indirectes que vous pouvez consulter en cliquant ici.

Extrait du Plan de la ville et des faubourgs d’Alby / La Roche fecit, XVIIIe siècle – Source : Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE C-2737.

C’est le 17 février qu’eut lieu la deuxième rencontre in situ. Cécric Trouche et Françoise Bardy sont venus accompagnés de Sonia Servant, chargée d’études à l’Inventaire du patrimoine pour le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Tarn, Jean Le Pottier, ancien conservateur des Archives départementales du Tarn, et sa femme, Nicole Le Pottier, universitaire, archiviste paléographe, tous deux très connus dans le monde de la recherche en Histoire.

Les échanges ont fusé tout au long de la visite du lieu désormais investi par la collection d’art des nouveaux propriétaires américains. Au final, beaucoup de questions et très peu de réponses. Et pour cause, comme a pu l’indiquer si justement Sonia Servant, le cloître a connu beaucoup de trop de rénovations successives (celles de Hervé Canivet dans les années 90, puis celle du cabinet Cardete et Huet dans les années 2000 ; enfin, les travaux récents de la SAFRA agencement) si bien qu’il est difficile de s’imaginer comment les espaces ont pu être primitivement occupés tant même les volumes ont été redéfinis. Il faut aller dans les caves pour trouver des traces de doigts sur la maçonnerie, écho aux bâtisseurs des lieux, comme a pu s’émerveiller Cédric Trouche en tant qu’archéologue de formation.

Extrait du cadastre napoléonien, 1810. Source : Archives départementales du Tarn.

Jean Le Pottier a évoqué la possibilité de trouver des éléments à Toulouse. Il s’est ensuite demandé s’il existait de archives de la famille Maraval concernant l’industrie de chapellerie au XIXe et XXe siècles.

Un point en particulier a préoccupé le groupe lors de sa visite. Il concerne les deux ailes du bâtiment qui constituent aujourd’hui le 42 rue de la Madeleine. En effet, si elles sont présentes sur le plan La Roche au XVIIIe siècle, elles sont absentes sur le cadastre napoléonien postérieur. De même, l’aile arrière semble avoir un léger décrochement par rapport au cloître sur la première carte, décrochement qui ne correspond pas au bâtiment actuel.

Au fil de ces deux rendez-vous, nous avons pu mesurer à quel point se lancer sur les traces des Capucins d’Albi serait difficile, d’autant plus que la maîtrise du Latin et de l’Occitan serait indispensable, comme a pu le souligner Nadine La Pottier. Les uns et les autres ont indiqué leur souhait de partager avec nous le fruit de leurs recherches passées et à venir. Nous ne manquerons pas de répercuter ces éléments dans d’autres articles ou sur la page dédiée à l’histoire du lieu.